La chimiothérapie est une option thérapeutique fréquemment proposée aux patientes atteintes d’un cancer du sein. Elle vise à détruire les cellules cancéreuses présentes dans l’organisme pour réduire le risque de récidive et améliorer les chances de guérison.
Tumeur mammaire : en quoi consiste la chimiothérapie ?
La chimiothérapie utilise des médicaments cytotoxiques pour cibler et éliminer les cellules cancéreuses. Ces agents circulent dans tout le corps par la circulation sanguine afin de traiter les cellules malignes, même celles non détectables par les examens d’imagerie.

Plusieurs modes d’administration sont possibles :
- Voie intraveineuse (IV) : la méthode la plus courante repose sur des perfusions administrées à l’hôpital ou en ambulatoire. Pour faciliter ces perfusions répétées, une chambre implantable (Port-à-Cath ou PAC) peut être mise en place sous la peau, généralement au niveau de la clavicule. Ce dispositif est relié à une veine centrale pour faciliter l’administration des médicaments et réduire les désagréments liés aux ponctions veineuses fréquentes.
- Voie orale : certains agents chimiothérapeutiques sont disponibles sous forme de comprimés ou de gélules, une alternative plus pratique pour certaines patientes qui peuvent ainsi réaliser leur chimio à domicile.
Les protocoles de chimiothérapie sont organisés en cycles qui alternent entre des phases de traitement et de récupération pour donner à l’organisme le temps de se remettre. Généralement, le traitement s’étend sur plusieurs mois, avec des séances espacées de deux à trois semaines. La durée totale et le nombre de cycles dépendent des caractéristiques spécifiques de la tumeur et de la réponse de la patiente au traitement.
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Chimiothérapie et cancer du sein : pour quelles patientes ?
La décision de recourir à la chimiothérapie repose sur une évaluation approfondie de plusieurs critères :
- Stade du cancer du sein: les cancers du sein infiltrants, notamment ceux de stade avancé, sont plus susceptibles de nécessiter une chimiothérapie.
- Caractéristiques de la tumeur : la taille, le grade histologique, la présence de récepteurs hormonaux et l’expression de la protéine HER2 influencent l’indication de la chimiothérapie.
- Âge et état de santé général de la patiente : la tolérance potentielle au traitement est évaluée pour minimiser les risques et maximiser les bénéfices.
La chimiothérapie peut être adjuvante ou néoadjuvante. La chimiothérapie adjuvante est administrée après la chirurgie, elle vise à éliminer les cellules cancéreuses résiduelles et à réduire le risque de récidive.
La chimiothérapie néoadjuvante est proposée avant la chirurgie afin de diminuer la taille de la tumeur et faciliter une intervention chirurgicale conservatrice. Cette approche est particulièrement utile pour les tumeurs volumineuses ou les cancers inflammatoires du sein.
Mais la chimiothérapie n’est pas systématiquement indiquée pour toutes les patientes atteintes d’un cancer du sein.
Les différents traitements de chimiothérapie du cancer du sein
Plusieurs classes de médicaments sont utilisées en chimiothérapie pour le cancer du sein, souvent en association pour maximiser leur efficacité :
- Agents alkylants (exemple : cyclophosphamide, carboplatine)
- Anthracyclines (exemple : doxorubicine, épirubicine)
- Taxanes (exemple : paclitaxel, docetaxel)
Protocoles couramment utilisés :
- AC-T : association de doxorubicine (Adriamycine) et de cyclophosphamide, suivie de paclitaxel (Taxol) ou de docetaxel (Taxotere)
- FEC : association de 5-fluorouracile, épirubicine et cyclophosphamide
- TAC : association de docetaxel, doxorubicine et cyclophosphamide
Le choix du protocole dépend des caractéristiques spécifiques de la tumeur, du profil de la patiente et de sa tolérance aux différents agents. Par ailleurs, des thérapies ciblées, comme le trastuzumab (Herceptin), peuvent être associées à la chimiothérapie pour les tumeurs surexprimant la protéine HER2.
Chimiothérapie pour cancer mammaire : les effets secondaires possibles
En ciblant les cellules à division rapide, la chimio affecte également certaines cellules saines, ce qui peut entraîner divers effets secondaires. Mais toutes les patientes ne ressentent pas ces effets, et leur intensité varie d’une personne à l’autre.
Effets secondaires fréquents :
- Alopécie temporaire (perte de cheveux): les cheveux repoussent généralement après la fin du traitement. Des solutions comme le port de perruques ou de foulards peuvent aider à mieux vivre cette période.
- Nausées et vomissements : des médicaments antiémétiques sont prescrits pour prévenir ou atténuer ces symptômes.
- Fatigue : une sensation de fatigue intense peut survenir, nécessitant du repos et une adaptation des activités quotidiennes.
- Immunosuppression : la diminution des globules blancs peut accroître le risque d’infections. Des mesures préventives, comme une hygiène renforcée, et des traitements stimulant la production de globules blancs, peuvent être envisagés.
- Problèmes digestifs : diarrhées ou constipations sont possibles, nécessitant une alimentation adaptée et, parfois, des traitements symptomatiques.
- Modifications cutanées et unguéales : sécheresse cutanée, ongles fragiles ou décolorés font partie des effets signalés par certaines patientes.

Effets secondaires moins fréquents :
- Neuropathies périphériques : des engourdissements ou picotements peuvent apparaître au niveau des mains et des pieds, liés à certains médicaments, comme les taxanes. Ces symptômes peuvent être réversibles après l’arrêt du traitement, mais dans certains cas, ils persistent.
- Cardiotoxicité : les anthracyclines, comme la doxorubicine, peuvent avoir des effets secondaires sur le cœur. Une surveillance cardiaque régulière permet de détecter et de gérer ces éventuels effets.
En cas d’apparition d’effets secondaires gênants pendant le traitement par chimiothérapie, il est important d’en informer rapidement son médecin. Des solutions adaptées, comme des traitements antiémétiques, des facteurs de croissance pour soutenir les globules blancs, ou encore des dispositifs comme le casque réfrigérant pour limiter l’alopécie, peuvent être proposés pour améliorer votre confort tout au long de votre parcours de soins.

